Tu danses?
Boby à la plage

“Les plus beaux moments d’une vie sont ceux où l’on se fout complètement de ce que l’on mange.”
-–
David Foenkinos dans Les souvenirs (p154)

Rentrée tard. Matin gris. Blues au fond du lit. Com Truise en boucle. Demain ça ira mieux..

“Les années apprennent peu à peu, à tout homme, que la vérité seule est merveilleuse.”

Maurice Maeterlinck

Pas envie de se lever? Jacqueline est là

Remaquillage entre deux dansesDans un bar de nuits blanches

Remaquillage entre deux danses
Dans un bar de nuits blanches

L’hiver je rêve de plages et de garçons en maillot de bain

Dance like nobody’s watching !

Bonne année !

Bonne année !

"La littérature a souvent décrit la déception de l’homme qui vient d’atteindre le but ardemment souhaité: et après? On ne peut combler un homme, il n’est pas un vaisseau qui se laisse remplir avec docilité; sa condition, c’est de dépasser tout donné; aussitôt atteinte, sa plénitude tombe dans le passé, laissant béant ce “creux toujours futur” dont parle Valéry. Ainsi ces amants passionnés que nous décrivent Marcel Arland ou Jacques Chardonne: ils souhaitent s’installer pour toujours au coeur de leur amour; et bientôt, enfermés dans leur retraite solitaire, sans avoir cessé de s’aimer, ils s’ennuient avec désespoir. “Le bonheur ce n’est donc que cela!” dit l’héroïne des Terres étrangères. C’est que, réduit à sa présence immédiate, tout objet, tout instant est trop peu pour un homme: il est lui-même trop peu pour soi puisqu’il est toujours infiniment plus qu’il ne serait s’il était seulement cela. Vivre un amour, c’est se jeter à travers lui vers des buts neufs: un foyer, un travail, un avenir commun. Puisque l’homme est projet, son bonheur comme ses plaisirs ne peuvent être que projets. L’homme qui a gagné une fortune songe aussitôt à en gagner une autre; Pascal l’a dit justement, ce n’est pas le lièvre qui intéresse le chasseur, c’est la chasse. On a tord de reprocher à un homme de lutter pour un paradis dans lequel il ne souhaiterait pas de vivre: le but n’est but qu’au fond du chemin; dès qu’il est atteint, il devient un nouveau départ; le socialiste souhaite l’avènement de l’Etat socialiste; mais si cet Etat lui était d’abord donné, c’est autre chose qu’il souhaiterait: du sein de cet Etat, il inventerait d’autres buts. Un but, c’est toujours le sens de l’aboutissement d’un effort; séparé de cet effort, aucune réalité n’est but, mais seulement un donné fait pour être dépassé. Cela ne signifie pas comme on le dit parfois que seule compte la lutte, que l’enjeu est indifférent; car la lutte est lutte pour un enjeu; si on le lui enlève, elle perd tout sens et toute vérité, elle n’est plus une lutte mais un piétinement stupide. (…) L’homme qui désire, qui entreprend avec lucidité, est sincère dans ses désirs: il veut une fin, il la veut à l’exclusion de toute autre; mais il ne la veut pas pour s’y arrêter, pour en jouir: il la veut pour qu’elle soit dépassée. La notion de fin est ambiguë puisque toute fin est en même temps un point de départ; mais cela n’empêche quelle puisse être visée comme fin: c’est en ce pouvoir que réside la liberté de l’homme."

— Simone de Beauvoir, Pyrrhus et Cinéas, L’instant